jeudi 5 décembre 2013

Comment être journaliste dans un grand quotidien tunisien sans la censure et les ordres venus d’en haut, avec une liberté nouvelle pas toujours facile à apprivoiser ? Entretien avec Lassaad Ben Ahmed, Rédacteur en Chef de La Presse de Tunisie. Une interview menée par Marco Nassivera pour ARTE, Monde arabe en revolution(s).


ARTE : Vous êtes dans le métier depuis longtemps, alors quelle est la situation La Presse en Tunisie, aujourd’hui, plus de 5 mois après le changement de régime?

Lassaad Ben Ahmed, rédacteur en chef, La presse de Tunisie: « La presse en Tunisie a certainement changé depuis le 14 janvier mais elle n’a pas encore trouvé son nouvel équilibre. Il y a beaucoup plus de libertés, ça c’est certain. On le voit, on l’entend, on peut le lire dans les journaux mais on a encore beaucoup de reproches et on a encore beaucoup de chemin à faire au niveau de notre métier de journaliste. Il y a aussi cette question de confiance qui n’est pas encore rétablie mais qui ne dépend pas uniquement des journalistes et des médias, elle dépend aussi du système politique en place ».

ARTE: Que voulez vous dire par « beaucoup de chemin à faire »?

Lassaad Ben Ahmed: « Avant le 14 janvier, on était une presse qui disait plutôt « tout va bien », une presse de propagande et pour arriver à changer les réflexes, pour exercer cette liberté qu’on vient d’acquérir en toute responsabilité, nous n’avons pas encore trouvé le juste équilibre. Il y a encore des infractions, même au niveau du code de la presse. On s’attaque à des gens sans preuves, parfois on diffuse de fausses informations juste basées sur des rumeurs. Les journalistes ne sont pas encore habitués à exercer les métiers de la presse de manière libre et responsable. Nous avons donc besoin de pas mal de formations et je pense, qu’à l’image de tout le pays qui lui aussi cherche son équilibre aussi bien politique qu’économique, les médias n’échappent pas à cette logique. C’est une période transitoire ça va de soi et je pense qu’on y arrivera. »

ARTE: De façon concrète, comment ça c’est passé pour le grand quotidien national La Presse, quand vous et les journalistes êtes arrivés le matin au travail et que Ben Ali n’était plus là ? Quelle était l’ambiance? Qu’est ce qui a changé au niveau déontologique ?

Lassaad Ben Ahmed: « Là je peux vous dire qu’au niveau du journal La Presse lui même, on sent déjà le changement entre le journal paru le 14 janvier et le journal paru le 15 janvier. Le 14 janvier, c’était un journal qui essayait de défendre le discours du président déchu du 13 et c’était vraiment un journal de propagande pour Ben Ali. Le lendemain, c’est une nouvelle équipe qui a pris les commandes, on a exclu les propagandistes de Ben Ali. Et à partir de ce moment là, les journalistes ont faire un effort pour proposer un travail purement journalistique sans contraintes, sans instructions venues du gouvernement. Et petit à petit, on a essayé de changer la maquette, de changer le contenu, d’essayer de refléter ce que sont les citoyens. Mais nous n’avons pas encore atteint le niveau que l’on veut atteindre nous mêmes journalistes, un niveau de confiance et d’interaction entre un média et ses lecteurs ».

ARTE: Est-ce que c’est pas difficile justement quand on a été, pendant des années soumis à la censure, avec des ordres venant d’en haut, de se retrouver du jour au lendemain avec autant de libertés?

Lassaad Ben Ahmed: « Là, il y a un détail qu’il faudra peut être mettre en relief : auparavant, c’est vrai notre journal offrait une image pro-gouvernementale. Mais en réalité, en interne, il y avait pas mal de personnes qui étaient indépendantes, qui ont résisté à Ben Ali et à son appareil. Il y a de nombreux journalistes qui défendent leur indépendance et qui essaient de faire leur travail avec professionnalisme. Malheureusement, avant la chute de Ben Ali, ces journalistes là n’était pas très épanouis, ils n’étaient pas très visibles, ils se cachaient derrière l’image qu’on essayait de véhiculer à travers le quotidien La Presse. Il y avait des journalistes qui étaient pour Ben Ali, qui étaient engagés à ses côtés et après le 14 janvier, ces derniers ont été exclus. Bon, c’est vrai, leurs salaires continuent d’être versés mais ils ne sont plus là ! Et il y a aussi des journalistes qui étaient à l’abri auparavant et qui n’arrivaient pas à écrire, à se manifester sur la scène publique. Et aujourd’hui, ils sont en train de revenir. Beaucoup d’entre eux sont déjà revenus et beaucoup d’autres sont en train de revenir. Et il y autre chose, parmi les équipes du journal La Presse, nous avons beaucoup de départs à la retraite et on compte bien recruter une nouvelle génération de journalistes. Et c’est sur cette nouvelle génération qu’on compte beaucoup pour le journalisme de demain ».

ARTE: De manière globale, plus de 5 mois après la chute du régime, quel est votre sentiment sur la situation du pays?

Lassaad Ben Ahmed: « Le pays n’a pas encore retrouvé son équilibre et il ne pourra pas le faire avant quelques mois. Il y a un grand travail à faire au niveau de la construction et peut être le problème c’est que beaucoup de Tunisiens ont une attitude attentiste. Il y en a d’autres qui ont pris l’initiative. Mais il y a un vide politique et auparavant on avait l’habitude d’avoir des instructions toutes prêtes et aujourd’hui ce n’est plus le cas. On a du mal a prendre l’initiative, on a du mal a s’assumer soi même et je crois que l’avenir de la Tunisie doit être construit par les Tunisiens. On ne doit pas attendre, on doit prendre l’initiative, on doit faire quelque chose, essayer de construire quelque chose. Je crois que c’est le seul moyen pour sortir de cette situation d’incertitude. Sur le plan politique, je ne suis pas très confiant parce qu’avant c’était le vide politique, et maintenant nous avons 80 partis. Mais avec 80 partis, nous n’avons pas vraiment 80 programmes.. Nous n’avons pas 80 programmes prêts à être mis en œuvre pour construire la nouvelle Tunisie. Il est certain que le futur gouvernement sera multicolore, ça c’est un acquis. Nous n’aurons plus une seule couleur avec un seul président, un seul parti, un seul discours etc. Mais je pense que les experts auront beaucoup à faire dans les mois à venir pour orienter le pays et le mettre le pays sur le bon chemin ».

http://www.radio-canada.c
http://www.radio-canada.ca/liberte-expression/index.asp?idPost=100816&section=bloguea/liberte-expression/index.asp?idPost=100816&section=blogue

kafon - Tititittahhhhh [ a9awa mesg el 7kouma]

NEW ► Hamzaoui Med Amine & KAFON ✪ حــومــانـي ✪


[ par  nawel bizid]


Le pouvoir s'attaque à la presse... tel un loup aux abois !



Depuis que la troïka, plus précisément Ennahdha a tenu le pouvoir, au lieu de s’attaquer à la corruption qui gangrène le pays et de se concentrer sur l’écriture de constitution, Ennahdha s’en prend à un ennemi qui n’est point vulnérable et entre gratuitement et bêtement en guerre contre les médias les traitant par « les médias de la honte » (i3lem el 3ar) parce que -selon elle- tous les médias qui n’ont pas manifesté un minimum d’allégeance pour le parti au pouvoir sont considérés comme des traîtres à la révolution, à la démocratie, au choix du peuple et surtout à la fameuse légitimité !


Au mois de Mars 2012, 3 mois après la nomination du gouvernement, Ennahdha ne perd pas trop de temps pour mobiliser ses supporters à aller revendiquer le départ des anciens journalistes de la télé qualifiés –selon elle- de non professionnalisme et d’appartenance au paysage médiatique de l’ancien régime.
Etant le seul média public, Ennahdha veut mettre la main dessus pour pouvoir le manipuler selon ses orientations politiques puisque le parti au pouvoir n’a pas de machine médiatique puissante et populaire qui puisse faire l’équilibre avec les médias privés qui lui paraissent partiaux dans leurs lignes éditoriales. Ce sit-in a été marqué par la présence des ansars Chariâa avant qu’ils « deviennent » un organisme terroriste ! Aussi par quelques figures des LPR et des jeunes sympathisants du gouvernement de la troïka. Cela a duré plus que deux mois marqués par l’harcèlement des journalistes qui ont été grossièrement insultés et agressés jusqu’au jour où le MI a décidé de disperser le sit-in à « l’amiable ».


Au mois de Juillet 2012, l’INRIC présidée par Kamel Laabidi décide de s’auto dissoudre accusant le gouvernement de contrôle de l’information. Cette auto-dissolution a été suivie par un communiqué de la présidence du gouvernement rappelant les médias qu’elle ne bénéficie par la couverture médiatique digne d’un gouvernement élu.


Quelques mois après, Imen Bahroun est nommée, par le gouvernement de Jebali, PDG de la télé nationale 1 et 2 ce qui a engendré une colère au sein des journalistes qui ont vu que cette nomination est dépouillée et considérée comme une intervention dans les affaires de la presse.

Septembre 2012, Lotfi Touati est nommé  PDG de Dar Assabah ce qui a suscité une polémique en raison de ses liens avec le régime déchu. Les journalistes entament une grève de la faim, l'établissement entre dans une grève ouverte et s'abstient de sortir le journal dans les kiosques pour revendiquer révocation de Lotfi Touati de son poste à la direction de Dar Assabah et la liberté de la presse.

Entre temps, on ne cessait d’agresser les journalistes verbalement sous l’hémicycle de l’ANC, de les tabasser par la police ou par les milices des LPR à chaque fois qu’ils sortent en mission lors des émeutes à part les menaces de mort répétées qui sont devenues leur pain quotidien sans que les autorités prennent les mesures nécessaires pour arrêter cette violation en crescendo de la liberté de la presse et de l'intégrité physique des journalistes..

Encore pire, les élus de la troïka ont tenté d’élaborer des projets de lois visant à rétrécir la liberté de la presse comme celui proposé par le CPR qui tend à saper la protection des sources, limiter les sujets que les journalistes pourront aborder, etc… au lieu d’activer les décrets lois 115 et 116.



Tahar Ben Hassine, propriétaire de la chaine Al Hiwar Ettounsi est convoqué le 13 Septembre 2013 par le tribunal de Beb Bnet pour incitation au « changement de régime » qui est -selon la loi de Ben Ali- une haute trahison qui mérite la peine de mort. Radio Tataouine, qui a été surprise par une nomination gouvernementale d'un directeur qui n'a aucun rapport avec la presse. Zouhaier El Jiss, convoqué lui aussi par le procureur de la république pour diffamation de la présidence. Et finalement, Zied El Heni, qui a été convoqué par le juge de l’instruction puis arrêté pour diffamation aussi.


Visiblement ces derniers temps, les journalistes sont au viseur de l’état, le ton se durcit de plus en plus, sinon, selon la logique des nahdhaouis, les journalistes n’ont pas pourquoi s’indigner. Ils ne mâchent pas leurs mots, n’hésitent pas à dénoncer toutes sortes de dépassements et parfois, voire souvent, ils manquent de respect aux figures emblématiques du gouvernement, critiquent violemment les institutions légitimes de l’état et par conséquent ils affaiblissent la soit disant « démocratie naissante » que la troïka est en train d’instaurer. Désormais, les journalistes qui gênent sont considérés comme une menace pour la sécurité nationale, au même titre que le terrorisme.


L’économie va très mal, une baisse de la valeur du Dinar Tunisien, une baisse du pouvoir d’achat, une hausse des prix des produits alimentaires, une prise de mesures très impopulaires vis-à-vis l’assassinat de deux figures emblématiques de l’opposition Tunisienne, etc… En même temps, le temps presse et la pression augmente que ce soit de la part des partisans d’Ennahdha ou ceux de l’opposition pour finir avec la constitution et la période transitoire et appeler à des élections législatives et présidentielles, ce qui pousse Ennahdha à entamer une campagne électorale très prématurée basée essentiellement sur l’évincement de tout ce qui dérange leur propagande et ce qui divulgue leur incapacité et leur échec à gérer le pays, à instaurer la sécurité, à arrêter les terroristes, etc…





Bienvenue

Nibras HAdhili



م الآن إطلاق سراح الرفيق و الزميل الصحفي نبراس الهذيلي



Dj Layla Give me your heart

 free weld 15




كيما يقولو الحبس كذّاب و الحيّ يروّح و علاء توّ يروّح . اما نتصوّر في الضرب اللي باش ياكلو و هوما هازينو مال géole للكامبي و مالكامبي للحبس و شوف يسلّكها في الحبس شوف لا و ما يقلّي حدّ ثورة و ما عادش عنف و ما مسّو حدّ المرّة اللي فاتت ...


وفجأة تتزاحم الذكريات طارقة باب الذاكرة … تكتبين بعضها و تتجاهلين البعض الاخر … أماكن …أشخاص … فترات … أصوات … كلمات …